SORI

Définition des termes (Philippe Pinchon C.C. n° 11 – Juillet 1986)

  • SUJET : Le sujet en tant qu’être conscient, postulat individuel qu’il est inutile, sinon impossible à définir.
  • OBJET : Ce qui hors du Sujet, face au Sujet, ce qui existe indépendamment du Sujet, c’est-à-dire non-en-relation avec ce dernier. L’Objet est donc la réalité extérieure au Sujet, non-personnelle, et dont les « autres » font nécessairement partie.
  • RELATION : Dans le mesure où l’Objet est défini comme existant indépendamment du Sujet, la Relation sera le rapport de dépendance, la connexion établie entre Sujet et Objet. On entendra ainsi par Relation, le rapport effectif, le lien concret que le Sujet lie à l’Objet, et dont les relations humaines ne sont qu’un aspect.
  • INTÉGRATION : Elle apparaît comme la résultante par laquelle le Sujet intègre et s’intègre tout à la fois. Il semble qu’il y ait une dialectique Sujet-Intégration, toute intégration nouvelle produisant un nouveau sujet.

 Du RET au SORI

Pour appliquer le système RET aux significations des Maisons, il suffisait de penser :

  • D’une part : que les Maisons dites « angulaires » (I, X, VII, IV) étaient en relation avec une intensification d’influence, donc avec le haut niveau d’énergie et par conséquent avec le langage de la « Représentation ». La cohérence du système exige alors que les Maisons dites « succédentes », à savoir les II, XI, VIII, V, soient reliées au langage du niveau « Existence », et que les Maisons dites « cadentes », à savoir les III, XII, IX, VI, soient reliées au langage du niveau « Transcendance », avec les connotations propres à chaque niveau : Unité, Dualité, Multiplicité etc…
  • D’autre part : il fallait penser à distinguer différents référentiels de réception, la difficulté étant dans cette distinction non-évidente. Les quatre plans de manifestation ou de conception des signaux : l’Énergie, l’Espace, le Temps, la Structure, ont servi à poser quatre plans de référence : le Sujet, l’Objet, la Relation, l’Intégration. Ces quatre plans de référence se désignent, chez les Conditionalistes par les majuscules SORI

La succession Sujet, Objet, Relation, Intégration n’est pas adoptée au hasard. Comme pour la succession Représentation, Existence, Transcendance, il y a décroissance puissance relative. Les hauts niveaux d’énergie – et d’intérêts pour l’homme – sont autant dans le plan « Représentation » que dans le référentiel « Sujet ». Les bas niveaux d’énergie sont autant dans la «Transcendance» que dans «l’Intégration». Tout spécimen normal de l’espèce humaine s’intéresse en priorité à l’image de son Moi-Sujet. Le nombre d’individus ouverts aux faits d’expérience et à la réalité de l’Autre (Objet) est encore assez grand, mais certainement pas majoritaire. Ceux qui savent et comprennent ce qu ‘est une « relation », au sens différent de fréquentation, forment une minorité évoluée. Quant à la Transcendance et à l’Intégration, à la limite on peut se demander si l’être humain, prisonnier de son Moi-Sujet, peut vraiment comprendre quoi que ce soit aux réalités complexes, extra-personnelles et aux lois d’équilibre qui les régissent. L’adaptation à la vie sollicite impérieusement de répondre avant tout aux signaux simples et dominants. Il faut se distraire des besoins vitaux et des ambitions sociales pour devenir sensible aux subtilités qui règlent le cours des êtres et des choses.

Notre classification par décroissance d’énergie peut donc s’interpréter subjectivement ou objectivement. Il s’agit aussi bien d’une échelle d’excitabilité subjective que d’une échelle de puissance relative des signaux objectifs. Puisque nous en sommes à l’application de ce principe aux douze secteurs constituant les Maisons Astrologiques :

  • l’attribution du référentiel Sujet au secteur reconnu empiriquement le plus puissant, secteur I ou Maison I

entraîne selon la logique du cycle :

  • l’attribution du référentiel Objet au secteur X
  • l’attribution du référentiel Relation au secteur VII
  • l’attribution du référentiel Intégration au secteur IV.

Sachant que les maisons dites angulaires se rapportent au niveau « Représentation » en raison de leur puissance relative par rapport aux douze Maisons, nous obtenons pour :

  • Maison I : Représentation du Sujet
  • Maison X : Représentation de l’Objet
  • Maison VII : Représentation de la Relation
  • Maison IV : Représentation de l’Intégration

Répartition RET/SORI dans les maisons

Distribution pour les 12 maisons (chiffres de gauche à droite) des trois niveaux R.E.T.® dans les 4 référentiels : Sujet (S), Objet (O), Relation (R), Intégration (I).

Une échelle d’intensité relative avec :

  • R = maxima (Maisons 1, 4, 7, 10)
  • E = moyenne (Maisons 2, 5, 8, 11)
  • T = minima (Maisons 3, 6, 9, 12)

détermine la distribution du RET.

Le cycle des Maisons comportant 12 phases, chacun des 4 référentiels (SORI) passe par une phase forte, moyenne, faible (RET). Ce schéma reste théorique, les statistiques tendent à montrer un déplacement du maxima vers le centre des Maisons 12 et 9 et vers le début des Maisons 7 et 4. Ces déplacements changent les limites des Maisons sans affecter la logique des significations.

Répartition ternaire

Grand trigone du Sujet

    • Représentation du Sujet : Maison I

Désigne effectivement la personnalité dans ses apparences, ses aspects physiques, ses habitudes dominantes et les traits qui le caractérisent en le schématisant. Maison où le Sujet est réduit à ses expressions les plus constantes. Le sujet en personne. Son tempérament, la conscience qu’il de l’image qu’il donne. Son autoportrait.

    • Existence du Sujet : Maison V

Le Sujet perd de son pouvoir, de son unité schématique. Il s’incarne, se dialectise dans un vécu, une situation à deux ou quelques-uns. Le Sujet est en confrontation avec ses problèmes vécus, ce qui le divise, le sort de ses constantes. Les tendances qui enrichissent la réalité de l’être au détriment de son homogénéité, de son autorité sur lui-même. Les amours, les œuvres, les enfants du Sujet. La sphère de ses émotions et sentiments. Auto-centration.

    • Transcendance du Sujet : Maison IX

La distance du Sujet envers sa conscience ordinaire, son statut habituel, ses schémas de pensée. L’auto-remise en cause par ouverture à la complexité que l’on porte et se manifestant généralement par le rêve, l’inspiration, l’illumination. Le Saint Paul de tout un chacun et le Soi, ou Proserpine. Les moyens du passage à un nouveau modèle : les crises métaphysiques, les rencontres révélatrices. L’anti-représentation du sujet : les abdications, salvatrices ou qui anéantissent définitivement. Sagesse ou folie. Le niveau de l’être dans sa complexité et multiplicité, son hétérogénéité t ses fenêtres sur la métaphysique. Le plus bas degré de son pouvoir, le plus haut de sa liberté. La pensée, l’ailleurs et les croyances du Sujet. Ses voyages et évasions. L’auto-contestation et régénération.

Grand trigone de l’Objet

    • Représentation de l’Objet : Maison X

L’Objet dans ce qu’il a de formel, de représentatif, d’officiel. Signes et insignes de son pouvoir. Emblème, fanion, totem. Correspondances avec : situation, masque, position objective et représentative. L’Objet principal du destin social, le but, la vocation, la carrière. La réduction à son personnage.

    • Existence de l’Objet : Maison II

L’Objet perd de son éclat, de son lustre, de son pouvoir par l’apparence et l’exclusivité. Il est en concurrence, il se divise en équivalences. Il gagne en réalité et perd en autorité idéale. Problématique de l’existence objective et des rapports réels avec les objets. Les objets matériels, réels, possédés, ayant valeur d’échange. Les avoirs, les cotations des choses.

    • Transcendance de l’Objet : Maison VI

Les objets les moins représentatifs, les moins investis de pouvoir, d’autorité, d’idéalité, de vertu illustrative : les utiles, communs, sordides. Le monde objectif sous ses aspects hétérogènes et disparates. Maison d’expérimentation de la multiplicité des choses, de leur complexité, leur étrangeté à l’égard des modèles que ces choses suggèrent et des usages que l’on en fait. Les objets multiples, serviles, démarqués, non cotés au marché (maladies, infirmités). Instruments et moyens.

Grand trigone de la Relation

    • Représentation de la Relation : Maison VII

La Relation exclusive, consacrée. Celle qui donne ou reçoit un pouvoir, forme une unité, combat la multiplicité et la confusion. Maison dévolue aux alliances, contrats, unions. Représentative du choix de « l’autre », partenaire ou adversaire électif, privilégié. significative du pouvoir ou du non-pouvoir par l’autre ou sur l’autre. Idées majeures que l’on se donne dans une relation forte. La relation principale, unique, officielle, sanctionnée par un contrat, un dialogue privilégié.

    • Existence de la Relation : Maison XI

La Relation dans un plan de non-exclusivité, dans celui du vécu où l’autorité, le pouvoir se confrontent et les représentativités respectives sont antagonistes ou dialectiques. Problématique et dialectique de la relation vécue. Les relations non-formelles, amicales, compétitives, stimulantes ou contrariantes. Amitiés, appuis, appels.

    • Transcendance de la Relation : Maison III

Les rapports et relations où le modèle du pouvoir unique ne se pose pas sinon pour être contesté ou provoquer une sur-division. L’inconnu des relations : le sens changeant, multivoque des rencontres. Le jeu des rapports et les hasards de ces jeux. Le n’importe qui et n’importe quoi des relations. La plus grande disponibilité dans la relation la moins représentative. (Selon la tradition : Maison des cousins, frères, sœurs, voyages, études : La tradition a saisi ici une multiplicité non-représentative. Les modernes ont oublié que ce domaine est particulièrement dangereux pour une relation forte, instituée, investie de pouvoir unitaire. Le RET débanalise les significations établies.) Transcendance au niveau des rapports. Le flair ou l’aveuglement en ce qui concerne le foisonnement des rapports possibles entre l’être et le monde, l’être et les autres : le monde et les autres. Les relations informelles, multiples, au gré de l’inconnu. Pluralité des rapports : milieu ambiant.

Grand trigone de l’Intégration

    • Représentation de l’Intégration : Maison IV

L’univers, le milieu, le cadre, l’ensemble auquel on appartient. son nom, sa représentativité, son unité, ses formalismes. Correspondances avec : la famille, le pays, l’habitat, la Mère (tradition). Le pouvoir ou non-pouvoir que l’on a d’unifier un ensemble, de lui donner une homogénéité. L’appartenance à une communauté (famille ou autre). Racines et origines du groupe et milieu dont on est un élément.

    • Existence de l’Intégration : Maison VIII

Les intégrations que l’on vit plutôt que celles que l’on représente ou qui nous représentent. Problématique des intégrations réelles et non-formelles. Ce que l’on assimile vraiment, que l’on rend concrètement bien à soi. Par rapport à la Maison IV, niveau « R » unifiant de l’Intégration, la Maison VIII marque les pertes, dans les faits, des intégrations natales. C’est cette dernière interprétation qui domine les attributions traditionnelles : la mort, les crises physiques et matérielles. Plus récemment on a perçu le sens des intégrations concrètes en attribuant la sexualité à la maison VIII. Les gains acquis par héritages, placements, unions vont aussi dans ce sens. On ajoute à son univers, son milieu, son cadre, les apports de la vie. comme il s’agit d’apports concrets, nous sommes dans l’ambivalence du duel-duo, il peut y avoir des rejets, des intolérances. Cohérence ou incohérence. L’expérience vécue de son appartenance ou non-appartenance à un ensemble efficace. Crises, deuils, dons.

    • Transcendance de l’Intégration : Maison XII

Les dégradations, pertes, dépossessions nominales, officielles, dominatrices et unificatrices. En négatif : plus de maison, plus de patrie, ni famille, ni racines officielles. Le Fou, le Mat, l’irrécupérable absolu. Les intégrations non officielles, non efficaces, sans pouvoir sur l’instant : ce que la Métaphysique donne à l’être à l’opposé de ce qu’il a reçu en naissant. Les univers multipliés. La globalité innée en morceaux au seuil d’une super-globalité qui peut être conquise. Abandon des sécurités liées aux intégrations de la maison IV, rencontre avec le dénuement total, prélude à l’intégration d’une complexité au-delà du conçu et du perçu. Intégration : les grands mystères, le sens occulte d’une destinée. La dépersonnalisation : perte du Moi dans l’Être universel.

Classification des maisons

MAISONS DEFINITIONS Carrés RET Triangles
SORI
I Représentation du Sujet
Rôles et apparences du sujet : ses habitudes dominantes, l’image qu’il se fait de lui, etc.
R Sujet
II Existence de l’Objet
Objets matériels, réels, biens et possessions.
E Objet
III Transcendance de la Relation
Relations multiples ou informelles : les rapports avec le milieu ambiant, l’infini des relations possibles…
T Relation
IV Représentation de l’Intégration
Appartenances intimes, racines, l’image que l’on se fait de sa communauté ou l’image de soi dans celle-ci.
R Intégration
V Existence du Sujet
Expressions concrètes du sujet : son vécu, ses émotions, ses passions, ses œuvres…
E Sujet
VI Transcendance de l’Objet
Valeurs secondaires ou non reconnues des choses. Leurs complexités, leurs banalités, leurs étrangetés.
T Objet
VII Représentation de la Relation
Contrats ou rapports officiels entre soi et les autres. Alliances, contrats, relations uniques et privilégiées.
R Relation
VIII Existence de l’Intégration
Liens dynamiques et sensibles qui unissent le sujet à un ensemble vivant. Tout ce qui peut modifier concrètement ses appartenances intimes à un groupe, communauté ou famille (crises, passions, conflits, santé).
E Intégration
IX Transcendance du Sujet
Valeurs abstraites, les aspirations et la spiritualité du sujet. Ce par quoi le sujet peut s’évader ou se dépasser, sortir le l’image qu’il a de lui-même. Voyages et évasions.
T Sujet
X Représentation de l’Objet
Ambitions ou vocations du sujet. Ses rapports au destin social.
R Objet
XI Existence de la Relation
Relations non-formelles, concrètes, amicales du sujet. Ce qu’il en retire de palpable.
E Relation
XII Transcendance de l’Intégration
Zones de mystère du sujet. Ses inconnus fondamentaux, son ouverture à une dimension universelle et dépersonnalisante.
T Intégration